Pair-aidance et rétablissement : retour sur mon intervention à l’IFSI du CHUGA
- De Vous à l'Autre

- 10 janv.
- 3 min de lecture
Sensibiliser les futurs infirmiers à l’impact du trouble psychique au quotidien

Il y a quelques semaines, j’ai eu l’opportunité d’intervenir auprès des étudiants infirmiers de 3ᵉ année de l’IFSI du CHUGA dans le cadre de leur UE de santé mentale. Cette intervention portait sur une thématique centrale et encore trop méconnue : l’impact des troubles psychiques sur le quotidien des personnes concernées et le rôle de la pair-aidance dans le processus de rétablissement.
L’objectif était clair : changer le regard, enrichir les pratiques professionnelles et redonner toute sa place à la personne accompagnée dans son propre parcours.
Comprendre le rétablissement : un processus, pas une guérison
Le rétablissement en santé mentale n’est ni linéaire, ni standardisé. Comme présenté aux étudiants, il s’agit d’un processus personnel et unique, qui peut inclure des changements de rôles, de projets de vie, de comportements ou de représentations de soi.
S’appuyant notamment sur les travaux de Patricia Deegan, le rétablissement se définit comme une transformation : accepter certaines limites tout en découvrant de nouvelles possibilités, redonner du sens à sa vie et retrouver de l’espoir, même lorsque des difficultés persistent.
Le trouble psychique et son impact sur la vie quotidienne
L’intervention a permis de mettre en lumière les différentes phases d’impact du trouble psychique :
Avant le diagnostic : instabilité, fatigue, addictions, auto-stigmatisation
Lors des hospitalisations et des diagnostics : rupture biographique, perte de repères, sentiment de chute brutale
Dans le rétablissement : stabilisation, mise en place de stratégies protectrices, reconstruction progressive
Ces impacts ne concernent pas uniquement la santé mentale, mais touchent l’ensemble des sphères de vie : travail, relations sociales, famille, estime de soi, projets, spiritualité, citoyenneté.
La pair-aidance dans le rétablissement : un levier essentiel du pouvoir d’agir
Au cœur de l’intervention : la pair-aidance en santé mentale.
Un pair-aidant est une personne ayant vécu un trouble psychique et engagé un processus de rétablissement, qui met son savoir expérientiel au service d’autres personnes concernées. Ce savoir, issu de l’expérience vécue, permet de créer un pont entre les savoirs professionnels et la réalité du quotidien.
Les bénéfices de la pair-aidance sont aujourd’hui largement documentés :
Renforcement de l’espoir et de l’autodétermination
Diminution de l’auto-stigmatisation
Amélioration de la qualité de vie et des relations
Meilleure observance des soins et diminution des hospitalisations
Autodétermination et pouvoir d’agir : replacer la personne au centre
Une large partie de l’échange a été consacrée aux notions d’autodétermination et de pouvoir d’agir (empowerment).
L’autodétermination repose sur quatre composantes :
Autonomie
Autorégulation
Connaissance de soi
Empowerment psychologique
Le pouvoir d’agir, quant à lui, permet de passer du savoir à l’action concrète.Il ne s’agit plus seulement de comprendre, mais de mobiliser ses ressources internes et externes pour redevenir acteur de sa vie.
Une approche complémentaire des soins
Cette intervention avait également pour ambition de montrer que la pair-aidance ne se substitue pas aux soins, mais les complète. Elle apporte un regard différent, centré sur l’expérience vécue, la transmission de l’espoir et la co-construction des parcours.
Pour les futurs infirmiers, c’est une clé de compréhension essentielle pour accompagner autrement, renforcer l’alliance thérapeutique et favoriser une approche réellement orientée rétablissement.
Conclusion : transmettre pour faire évoluer les pratiques
Intervenir auprès des étudiants infirmiers, c’est contribuer à former les professionnels de demain à une vision plus humaine, plus inclusive et plus participative de la santé mentale.
Parce que le rétablissement ne se décrète pas, mais se construit, ensemble.
Vous souhaitez organiser une sensibilisation ou une intervention sur la pair-aidance ?




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